11/01/12

Interne au rapport !

Je ne sais trop comment commencer cet article... J'ai l'impression que je n'ai pas mis les pieds ici et chez vous depuis une éternité. J'ai l'impression d'être coupée de ma vie d'avant et pourtant, paradoxalement je me sens incroyablement bien... J'ai eu le sentiment d'être devenue une étrangère dans ma propre petite bulle. Avec les critiques de livres, je n'ai pas été très bavarde, alors sans... je n'ose même pas regarder à quand remonte mon dernier "vrai" article autre que critique. Ce n'est pas par manque d'envie... je n'en ai pas manqué du tout, mais le temps et la fatigue, c'est une autre affaire.

En fait je me rends compte que je n'ai même pas parlé de mon choix de spécialité ici. Je voulais en parler avec mes débuts en tant qu'interne et finalement je n'ai pas trouvé le temps. Aujourd'hui je me force, il est temps de donner des nouvelles où vous allez croire que j'ai disparu de Bubulline !

Je suis donc devenue interne en médecine du travail depuis novembre. Je n'avais pas beaucoup de choix : ça ou médecine générale. Impossible de m'imaginer en médecine générale. J'étais paralysée par la peur rien que d'y penser... On me dit que je me sous-estime... possible, mais hors de question pour moi de me lancer dans quelque chose dans un tel état d'esprit. Et voyons la réalité en face, au moins j'aurais une vie sociale, et la vision que j'en ai me la rend plus intéressante par rapport à mes préférences depuis le début de mon externat. J'ai eu peur de décevoir mon entourage avec ce choix. C'est une spécialité qui n'est pas toujours prise très au sérieux... et finalement tout le monde l'a très bien pris et a compris mon choix (du moins en partie). Avec cette décision je sais que je ne me rendrais plus malade comme j'ai pu le faire pendant mon externat à force de stress.

J'ai donc passé les deux premiers mois de mon premier semestre (qui se déroule en rééducation), et donc la fin de l'année 2011, en stress intense, remplie de doutes : "je ne m'en sortirai jamais, je vais tous les tuer..." j'en passe et des meilleures. Les consultations seules me faisaient ultra peur et finalement tout se passe très bien. L'ambiance est parfaite, les chefs ultra présents... j'avoue que quitter le service au mois de mai risque d'être difficile, mais bon, il faudra bien !

L'année 2012 aura donc commencé avec une coupure de courant, une coupure d'eau chaude, une astreinte le dimanche, mais c'était juste histoire de pimenter le tout. Elle commence surtout avec une très bonne journée passée chez ma meilleure amie et sa famille, un état d'esprit plus serein qu'il ne l'a jamais été, l'envoi de mon dossier pour une demande d'appartement (que ça va faire du bien de quitter cet appart pour hobbit dépressif dans un quartier relativement stressant et un immeuble qui pue pas bon les ordures 24h/24), une prise de confiance en moi par rapport à mes capacités : quand tu passes une semaine complète à avoir l'impression de n'avoir fait que du mauvais boulot pour rester polie, en devant gérer la patiente qui revient des urgences mais qui n'est pas tip-top, plus les trois entrées du lundi qui arrivent toutes en même temps, le tout sans ton externe et ton co-interne qui sont en vacances, sans compter le démontage au staff pour la présentation de dossier foireux alors qu'en fait j'avais raison mais ça personne ne le dira, et que tu finis la semaine avec ta chef qui te lances un super "tu t'en es super bien sortie cette semaine...", là, tu es heureuse !. Et cette semaine, un patient m'a offert un paquet de chocolat rien que pour moi ! C'est beau ça ! Bon j'ai partagé avec mes co-internes et les externes, le but n'était pas de reprendre tous mes kilos... J'ai appris à gérer le peu de temps qu'il me reste en dehors du boulot (je fais en moyenne 8h-18h30 quand ce n'est pas 20h... vous comprenez déjà mieux mon absence sur la toile), ce qui fait que j'ai aussi appris à mieux gérer la fatigue. Il y a toujours des moments plus difficiles que d'autre mais n'oublions pas que je suis humaine tout de même !

Oublions un peu le côté boulot ! J'en suis à -19 kg... Ça fait un bien fou. Plus que 1 et j'ai retrouvé mon poids du lycée... Ce ne sera pas terminé pour autant, mais c'est déjà un énorme bond pour moi ! C'est aussi ce qui m'a aidé à prendre confiance en moi, même si ce n'est pas encore optimal. Mais il va quand même bien falloir que j'arrive à trouver le prince charmant un jour ! Il n'est peut-être pas loin qui sait... D'ailleurs je me suis rendue compte que je commençais petit à petit à vaincre ma réserve. Il faut dire qu'avec des co-internes comme j'en ai, on ne peut qu'être entraînée dans leurs folies, je soutiens mieux le regard des autres... encore que ça dépend qui... mais quand même. Je rougis moins facilement, mais faut pas me prendre par surprise parce que là c'est la fin !

Sinon la lecture me manque terriblement ! Je n'ai pas pu lire depuis novembre. Je viens de finir le Christian Jacq que je lisais depuis fin octobre.... j'ai l'impression de ne pas avoir pu l'apprécier à sa juste valeur, c'est dommage !

J'essaierai de mettre des mises à jour plus régulière, mais je ne vous promets rien !

Je vous fais plein de gros bisous, je vous souhaite la meilleure des années, je pense bien à vous toutes et vous remercie pour votre présence ! Pour celles qui veulent mon adresse facebook pour avoir plus de nouvelles, n'hésitez pas (il est évident que je n'accepterai que les personnes que je croise depuis un certain temps sur la toile !)

Bonne année à toutes et à tous ! Et à bientôt j'espère !

6 gravures sur la bulle:

Ingrid | Mémorables oublis a dit…

Oh c'est toi en photo ?
Ravie de te relire !
Je ne connais pas le milieu hospitalier mais je me doute que ça ne doit pas être de tout repos. Médecin du travail est un métier comme un autre. C'est comme ceux qui disent que dentiste, ce n'est pas être médecin...
Bravo pour tes kilos perdus. Il y a un an, lorsque j'avais atteint mon poids le plus bas (69kg), j'étais devenue moins complexée, moins timide, moins indécise. C'est fou comme ça a un impact sur notre confiance en soi...

Hedacoum a dit…

Je pensais justement à toi la semaine dernière, je me demandais où tu étais passée ! Contente de savoir que c'est pour de bonnes raisons que tu désertes la blogo :)
Les journées longues et chargées, c'est dur, mais c'est très gratifiant, et tu es 1000 fois pardonnée d'être moins présente !

Sylla a dit…

@Ingrid : non ce n'est pas moi, (si seulement^^), c'est Lisa Hannigan, une chanteuse irlandaise.

Je suis contente de vous relire aussi, j'ai fait un petit tour rapide ces derniers jours pour voir ce que vous deveniez. Il faudra que je me prenne du temps pour vous laissez des commentaires par-ci par-là !

@Hedacoum : c'est marrant que tu dises ça, j'étais en consultation avec le grand chef aujourd'hui et il y avait deux patients qui étaient hospitalisés lors de mon passage en 2008 comme externe... ils se souvenaient de moi tous les deux ! Je n'en revenais pas. J'étais juste externe à l'époque quand même ! Ça fait du bien mine de rien !

Miss G a dit…

Bienvenue dans mon quotidien de journées à 9 heures voire plus de travail ! Et je ne travaille pas dans le milieu médical !
Il faut apprendre à gérer le peu de temps qu'il reste, ce n'est pas évident.
Il n'y a aucune honte à faire médecine du travail, de toute façon je t'admire rien que de faire médecine !
Bonne continuation, en espérant avoir de tes nouvelles de temps en temps !
Et félicitations pour tes kilos perdus !

Sylla a dit…

Je n'ai pas eu honte a faire ce choix bien au contraire, mais sais par expérience que certaines personnes ne comprennent pas ce genre de choix malheureusement.
J'ai réussi à retrouver un rythme tout doucement, j'arrive même à lire plus. Pas au rythme d'avant mais tout de même, ça fait du bien même si ce n'est qu'un petit chapitre par jour!
Et ce weekend je reste sur R., sans astreinte donc je vais pouvoir dormir un peu. Ça aussi ça va me faire du bien!
Bonne année à toi ! :D

Cynthia a dit…

J'avais juste envie de te dire que je te trouve très courageuse. Je suis secrétaire médicale et je sais à quel point les médecins peuvent être débordés. Mon métier en lui-même n'est pas évident car il demande une grande concentration intellectuelle, il faut être présent pour les patients et savoir répondre aux exigences des médecins. Je ne m'imagine pas à quel point ton métier doit être encore plus épuisant et difficile.

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